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Fraternité    

Les mots écrits de Jonas D.

... des mots pour décrire cette humanité qui nous habite alors que tonne le fracas du monde.


Mercredi 11 mai 2011 3 11 /05 /Mai /2011 10:04
- Par Jonas Doinint
Publié dans : Avis favorables - Communauté : Les chroniques de la meute

Je prétends, sans aucun chauvinisme, que la Lorraine est une belle région, bien souvent pliée à la vision réductrice des vallées sidérurgiques, des exploitations minières et de la centrale nucléaire de Cattenom.

Depuis ces dernières années, j’ai pris pour habitude de parcourir ses vertes étendues pour y découvrir des endroits curieux, bourrés de charme tel que le château Saint-Sixte à une trentaine de kilomètres de Thionville, vers la frontière allemande.

L’actuel propriétaire (qui précise être ni héritier, ni de sang bleu, juste un homme…) a acheté l’endroit dans les années 80 et s’efforce avec le concours d’une association et des autorités -le site est classé monument historique- de remettre en œuvre les organes essentiels de cette formidable demeure. Son originalité s’impose dès le passage du mur d’enceinte, à l’aspect pourtant très rural : on découvre un petit château aux tours construites vers l’intérieur et organisées autour d’une large cour pavée. Impossible du dehors d’imaginer autant d’ingéniosité et de romantisme.

Au Moyen Age, c’était une ferme fortifiée qui abritait paysans et animaux. Ce n’est qu’au cours du 18è siècle que la demeure subit ses premières transformations ; de ferme, elle devient château domestique. Les propriétaires successifs ont su, au cours des trois derniers siècles, proposer par leur architecture, une vision différente de la vie de château.

La façade principale est actuellement en rénovation, les travaux seront terminés pour la fin de l’été.

Un nouveau pas vers le futur de ces pierres.

Si le cœur vous en dit…

 

Château Saint-Sixte

 

Château Saint-Sixte

57320 Freistroff

Tél. 03.87.57.96.66

 

JPT / les mots écrits de Jonas D.


 

 

 


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Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 11:42
- Par Jonas Doinint
Publié dans : Printemps - Communauté : écrire c'est hurler en silence


au bord de l'eau 

Thionville. Sur les quais, au bord de la Moselle. C’est au printemps. Il est tôt. Sur le pont des Alliés flotte une légère brume. Un banc, face à la rivière, accueille un homme. Les cloches de l’église Saint-Maximin résonnent. L’eau porte le son aux berges d’en face où dort une péniche. L’homme est assis bien droit, dans un smoking, une mallette est posée sur ses cuisses jointes, les mains sont à plat sur la valise, les doigts légèrement écartés. Le regard altier, l’homme contemple la rivière avec satisfaction. Un autre homme arrive. Ses vêtements sont sales. La barbe de son visage prononce une mine usée. Il s’avance vers le banc, stationne un instant devant l’homme au smoking, puis il s’assied à côté de lui. Ce dernier n’a pas bougé. Il suit le flot comme s’il s’écoulait en lui. Le dernier venu regarde la tenue de son voisin, puis la mallette. Il sort du pain de sa poche, prélève un peu de mie et la porte à sa bouche. Il mâche avec lenteur. Puis il rompt le pain et propose le morceau à son voisin. 

« Vous n’auriez-pas une pièce, demande-t-il ? »

Le smoking se lève d’un coup, serrant la valise contre sa poitrine. L’autre le regarde à peine surpris et range le pain dans sa poche. Lorsque sa main réapparaît, elle est armée d’une petite matraque. En un instant, l’homme au smoking est au sol, inconscient. L’agresseur lance un regard périphérique en plaçant la mallette rapidement sous le banc. Il traîne sa victime à la rivière. Le corps coule très vite. Il récupère l’objet convoité. Puis il se rend à l’abri du pont sous lequel il s’assied dos contre la pierre. La mallette est vide, mais une voix s’en échappe : « Je réalise vos désirs, je vous écoute. » L’homme balbutie :

- Riche, je veux être riche et… puissant, voilà, oui, riche et puissant !

- Entendu, répond la valise qui regorge soudain de billets de banque.

Richement habillé, soigneusement rasé, coiffé et manucuré, voilà notre homme qui contemple ses mains, riant de bonheur. Il referme la bienfaitrice, presse les fermetures et respire à pleins poumons, les yeux clos. Les cloches de Saint-Maximin sonnent encore. A quelques mètres, un jeune homme de grande taille, veste militaire, chaussures guêtrées. Il tient une chaîne à gros maillons qu’il frappe doucement contre sa cuisse. D’une voix calme et sonore, il s’adresse au nouveau riche : «  Alors, Bill Gates, on prend l’air du large ? »

 

JPT / les mots écrits de Jonas Doinint

Photo : Jean-Pierre Tondini

 


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Vendredi 6 mai 2011 5 06 /05 /Mai /2011 09:31
- Par Jonas Doinint
Publié dans : Hors saisons - Communauté : écrire c'est hurler en silence

Abandonnée sur l'île, la tempête autour,

Elle oublie que les vents tournent toujours,

Bientôt elle se baignera à nouveau

Et son corps d'airain

En fera pâlir plus d'un.

 

JPT / les mots écrits de Jonas D.

© 2005


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Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 10:46
- Par Jonas Doinint
Publié dans : Hors saisons - Communauté : écrire c'est hurler en silence

Paon    

 

Cette demoiselle est là comme il se doit.

Un destin parmi les autres

Vous la montra du doigt.

Vous fîtes le beau pour la séduire

Pour la faire danser

Pour la faire reluire.

Vous prîtes la tangente de votre dame,

La grande par l’âge,

Régulière entre vos femmes,

A qui vous donnâtes l’adieu

Par quelques prières

Sans Dieu.

Ainsi fût-il pour vous,

Si futile,

Qui courûtes avec les loups

Quêtant l'ensoleillement rêvé,

Pareil à celui des mâtines

Par l’horizon soulevé,

Pour qu’en vous il brûla

Et donna de sa morsure.

Le voici donc, le voilà

Par elle et le feu de son regard,

Pour qu’en trique on vous désigne,

A vous rendre hagard.

Ah, vous la voulûtes la mort petite,

Sans parole ni effet, juste

Par le corps voluptueux de la petite !

Votre chair, de là sans air et sans fête,

Resplendit des couleurs déployées

De l’emplumé à faible tête.

Mais gageons que bientôt

Vous serez quitte d’elle

Quand reviendra le temps du râteau,

Quand celle dont les feulements

Sous les draps tièdes d’autres que vous,

Vous mettra au tapis sans ménagements.

Gageons qu’au bout de votre laisse

De chien au plus mal et vautré,

Elle ne vous délaisse.

 

Mais pour l’heure, réjouissances

Carpe Diem et jouissances,

Car l’ordre règne !

Noël ! Noël ! Ville prise !

 

JPT / les mots écrits de Jonas D.

© 2005


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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 11:31
- Par Jonas Doinint
Publié dans : Mots rares - Communauté : Les chroniques de la meute

« Ilote » (ou hilote)

Nom masculin singulier

Pluriel : des ilotes

 

Définition

Celui qui est réduit dans une société à l'ignorance et à l'abjection


Etymologie

 Du grec « Hélôtes » (peuple asservi par Sparte dans l'Antiquité)


Synonymes

 Esclave, valet, serf, ...


Exemple

 Etre l'ilote de sa passion, de l'alcool, d'un être aimé, ...


 

JPT / les mots écrits de Jonas Doinint

 

 


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